Chapitre 2 | Chapitre 2 : Petite histoire résumée de l'homme |
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| 18-01-2007 | ||||||
Page 1 sur 4 De "centre du monde" à "au milieu de tout"
L'écologie est complexe. Elle est à la fois une science, une politique, une philosophie et un "style de vie", et même parfois, une religion (Ecologie Gaïa.) Pour bien comprendre ces différences et ces ressemblances, il suffit de comprendre l'humanité et sa façon de regarder le Monde... et est-ce bien difficile ? Imaginons notre ancêtre. D'après les recherches, c'était un individu très social, vivant en groupe, vaguement charognard, vivant dans les grands paysages d'Afrique, entre savane, jungle et marais. Il aura fallu, on le verra par la suite, des milliers d'années d'évolution avant qu'il ne se dote d'un langage construit, d'une culture sociale, puis d'une écriture et de technologies. L'Homme se différencie pourtant assez tôt du règne animal en acquerrant quelques spécificités (il devient bipède). Il se déplace donc plus rapidement (ça n'a pas changé de nos jours...), il construit un système de relations sociales de plus en plus complexe (ça n'a pas non plus changé de nos jours...) et surtout il cherche à s'adapter rapidement, par des outils, à des situations que sa nature ne lui permet pas d'affronter (encore une fois, ça n'a pas changé.). De nos jours, des reliquats de cette dynamique de survie subsistent : l'aviation, moyen de transport le plus rapide ; l'Internet et les télécommunications, réseau de relations sociales virtuellement complexe ; et, évidemment le scaphandre moderne autonome, invention de Cousteau, qui permet de visiter des espaces où l'Homme ne pourrait subsister sans assistance de son intelligence.
De ces dynamiques, un point commun émerge : l'Homme cherche à s'isoler de la rudesse de son environnement. Son objectif caché pourrait être la lutte contre la mort, qui par ailleurs est l'une des premières cultures de l'humanité : le souvenir des morts. Pour preuve, l'édification de tombeaux est une des premières constructions intellectuelles et philosophiques que l'homme ait imaginé.
Dans sa construction intellectuelle, l'homme s'isole de plus en plus de son environnement. Il est le centre du Monde, le summum de l'évolution Darwinienne ; ses grandes capitales sont le centre d'une planète plate comme une pizza quelles que soient les périodes : Bagdad, Jérusalem, Rome, Ur... la découverte d'une planète ronde se fera avec bien des difficultés ; il est difficile d'admettre que l'humanité ne soit pas au centre du monde, et que la voûte céleste ne soit pas une succession de diamants, posés là par un Dieu ou des dieux, dont d'ailleurs nous sommes les enfants ou la création suprême.
Que la Terre ne soit pas plate, soit; alors les astres tournent autour d'elle. Galilée en paiera le prix fort, obligé, au fond d'une cellule à renoncer à son hypothèse avérée. Et pourtant, elle tourne, cette Terre... autour du soleil. Copernic, lui émettra l'idée que la terre n'est pas le centre du monde. Et celui-ci, on l'apprendra bien après, tourne dans une galaxie.
Il faudra pas moins de plusieurs millénaires pour qu'une partie de la population mondiale admette sans rougir qu'elle n'est pas au centre du monde. Une partie seulement, la plus érudite : aux Etats-Unis, en 2005, le débat sur l'évolution Darwinienne est toujours là, les défenseurs d'une création spontanée de Dieu demandant la reconnaissance de leur opinion. Le chemin est encore long.
Nous ne sommes plus "centre du Monde", mais "au milieu de Tout." Difficile d'admettre, nous venons de le voir, que sur notre petite planète, même pas au centre de l'univers, nous descendions du singe, lui-même cousin des lézards, issu des poissons, issus des algues, issues d'une cellule originelle, issue d'un mélange entre de la poussière de comète, de l'eau et de la terre.
L'Homme n'est donc plus le summum de l'évolution ; les fourmis nous dépassent en nombre et en techniques de survie, le scorpion résisterait à un bombardement nucléaire, un virus quelconque nous tuerait par milliards. Le monde dans lequel nous vivons est un subtil équilibre entre différentes forces que nous ne maîtrisons pas, et nous sommes au centre de ce tout. Nous ne sommes même pas l'une de ces forces ; nous avons juste le pouvoir de faire pencher la balance, d'un côté ou de l'autre, sans vraiment savoir à quelles conséquences s'attendre.
Nous sommes "au milieu de tout". Cette pensée pourrait nous apeurer, nous empêcher de progresser ; mais pourtant, il suffit de la considérer comme une chance de nous rendre plus subtils dans nos actions.
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