Chapitre 3 | Chapitre 3 : Les trois révolutions de l’humanité |
| 18-01-2007 | ||||
Page 1 sur 2 L’Agriculture et le feu
L’évolution humaine définie selon la théorie Darwinienne nous place non loin des singes. Plusieurs millions d’années d’évolution nous ont permis d’avoir environ 2% de différences génétiques avec nos plus proches cousins simiens. C’est énorme et pourtant très peu L’Agriculture et le feu
L’évolution humaine définie selon la théorie Darwinienne nous place non loin des singes. Plusieurs millions d’années d’évolution nous ont permis d’avoir environ 2% de différences génétiques avec nos plus proches cousins simiens. C’est énorme et pourtant très peu : certains scientifiques estiment qu’à l’heure actuelle, certains virus apparaîtraient d’abord chez les singes avant d’y trouver une voie naturelle pour contaminer l’homme.
Lors de la préhistoire, plusieurs longues évolutions ont permis progressivement de séparer l’homme du singe. Les premières technologies apparaissent pourtant il y a peu de temps. La domestication du feu, il y a environ 400 000 ou 500 000 ans, est plus une connaissance qu’une véritable technologie. Mais sa maîtrise a jouée un rôle fondamental dans notre évolution.
Cette maîtrise nous permet d'assimiler plus facilement les nutriments nécessaires à notre développement, par la cuisson ; elle permet également de se prémunir contre les aléas météorologiques. Pour autant, cette énergie n'est pas théorisée et n'est pas utilisée dans sa totalité. L'avènement de la société énergétique viendra bien après. Il faudra attendre –14 000 avant notre ère pour que les premières céramiques cuites apparaissent, symboles d'un usage moins vital du feu.
La scission que l’on fait de l’histoire (préhistoire, protohistoire) se fait avec la découverte de l’écriture, vers –3300. Serait-ce la première technologie inventée par l’homme ? En quelque sorte. Par contre, l’agriculture est une révolution fondamentale : la collecte des graines sauvages a commencé vers –23000 au Moyen-Orient, et l’agriculture proprement dite démarre, selon les régions, vers –5000 à –1000 avant JC. Nous retrouvons également ici les mêmes éléments que la Renaissance : la découverte d’où cette idée d’un moyen de communication (ici, l’écriture) puis plus tard l’expansion d’une technologie applicable qui se révèle rapidement indispensable au bien être des hommes. Ces deux phénomènes vont généralement de pair ; l’expansion de l’agriculture n’aurait peut-être pas été si forte s’il n’y avait pas eu un support de communication, même rudimentaire, qui permette d’étendre progressivement cette découverte.
L’agriculture est un usage de la nature. Elle est ainsi modelée à la marge pour en retirer les nutriments nécessaires à l’expansion humaine. Dès lors, beaucoup d’autres découvertes deviennent possibles. La sédentarisation, la construction de sépultures – points de repère, etc. L’homme, libéré du premier des besoins selon Maslow, est moins contraint par son environnement. Il peut donc se donner du temps pour parfaire ses outils, son art…
Pendant les siècles et les siècles qui ont suivi, l’agriculture a modelé et redimensionné le monde. Pour cultiver, il faut des terres arables, qu’il faut posséder, par la guerre peut être. L’agriculture permet l’expansion de l’humanité : faut-il rappeler qu’à la naissance de Jésus-Christ, la planète était peuplée par environ 250 millions d’individus seulement ? La quasi-totalité des guerres qui ont suivi, jusqu'au début du XXe siècle, n’avait pour objectif que la conquête de terres riches ou arables, ou bien de ressources naturelles de types minerais - les premières guerres de l'énergie invisible n'apparaîtront qu'après. La transition à laquelle nous assistons en 1870, au moment du conflit germano-français pour le contrôle de l’Alsace et de la Lorraine, qui ouvrira la voie aux deux guerres les plus sanglantes que le monde ait connu, fait basculer cet état de fait en un autre : la possession de terres agricoles supplémentaires n’est plus une nécessité absolue pour un pays, pour croître. Le rendement productif agricole ouvre déjà la voie à une "limitation" des usages du territoire, mais ce rendement ne peut s'accompagner que d'une augmentation substantielle de ressources énergétiques. Nous ne faisons que déplacer un problème : pour obtenir plus d’énergies nutritives, renouvelables puisque nous les cultivons, nous devons trouver de l'énergie fossile comme le charbon. Les trois guerres (1870, 1914, 1939) feront progressivement basculer l’humanité de l’ère de possession territoriale, afin de posséder les biens qui en sont extraits, vers une ère de domination stratégique fondée sur le contrôle de l’énergie invisible.
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