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Ver(t)s l'union des écologistes
26-08-2008

 J'en parlais, j'en reparlais, j'en débattais, j'en rediscutais : finalement, un début d'unité semble se faire autour de Dany Cohn-Bendit, autour des Verts bien sûr, pour réunir les écologistes à l'approche des Européennes de 2009. Mais cela soulève beaucoup de questions : comment réunion à une même table Dany, fervent défenseur du oui et prêt à des compromis, et José Bové, défenseur du non et plus radical ? Comment s'ouvrir à des gens qui considèrent encore que l'écologie n'est ni de droite, ni de gauche (alias Besset, bras droit - ou gauche - de Nicolas Hulot ?) Comment être suffisamment large sans se compromettre pour s'ouvrir jusqu'à Corinne Lepage (Modem), Gustave Allirol (Région et Peuples Solidaires), Michèle Rivasi (ancienne présidente de Greenpeace) ?

Le jeu est grand ouvert, et pour l'instant, c'est cela qui est motivant. Depuis maintenant 5 ans, les rencontres avec l'ensemble des forces écologistes se multiplient, sous différentes formes, pour différentes raisons. Mais il y a quelques constats clairs qui pourraient nous réunir :
- Le premier dénominateur est que l'action politique est inévitable pour répondre à l'urgence climatique, sociale, et culturelle ;
- Le second dénominateur, c'est que l'action menée par les Verts a un bilan "globalement positif" et permet une base d'évolution ;
- Enfin, le dernier dénominateur c'est que séparément, rien ne peut se faire.

Pour ma part, la chornologie de ses 5 dernières années semble me conforter dans la création de ce pôle écologiste :


2003. Le Rasemblement Européen pour un Village Ecologiste, au contre G8 d'Evian, réuni à l'époque Gilles Lemaire (à l'époque secrétaire national des Verts), Bruno Rebelle (Greenpeace), Stéphane Lhomme (Sortir du Nucléaire), et José Bové (Confédération Ecologiste.) La question était : quelle convergence des écologistes dans le mouvement altermondialiste ?
Trois mois plus tard, en 2003, nous fondons Fac Verte qui tente de réunir les étudiants issus de ces différentes mouvances écologistes : politiques avec les Verts et quelques membres de Cap 21 et associatives sous la forme d'un syndicat étudiant. Le bilan reste positif malgré les difficultés, en cherchant toujours le consensus. Mais comme à chaque fois, le consensus trouve ses limites : il faut une base commune, culturelle, un dogme souple à partager.
Je m'y attache en 2004/2005 en écrivant une tentative de réunion des différentes formes de l'écologie, Le Monde en Elastique. Si ce texte n'a aucune valeur politique et n'est même pas diffusé, je l'enrichi régulièrement de différents ajouts et de réflexions.
En 2006, Coutances est l'un des premiers grands moment politique de la réunion programmée des écologistes. Sur l'invitation aux Journées d'Eté des Verts, José Bové (absent), Dominique Voynet, Yann Wehrling, Nicolas Hulot et Corinne Lepage discutent devant plus de 1200 congréssistes Verts.
3 mois plus tard, c'est au tour de Cap 21 et Corinne Lepage de réunir encore plus largement la grande famille de l'écologie : Nicolas Hulot, Dominique Voynet, Corinne Lepage, Yann Wehrling, Jean-Marie Pelt, Michèle Rivasi, Allain Bougrain-Dubourg, ainsi que d'autres sont invités à une soirée débat.
Mais, à l'approche des présidentielles, le temps de l'union est révolu : José Bové et Dominique Voynet se présentent à l'éclection présidentielle avec un score décevant (1,5% environ pour les deux), Corinne Lepage soutien François Bayrou, Nicolas Hulot ayant fait signer le pacte écologique à une majeur partie des candidats s'est retiré dans la course même s'il affirme plus ou moins clairement ses préférences.
Après la victoire de Sarkozy, le Grenelle, qui à mobilisé et réunit tous les écologistes, débouche sur un quasi échec. Le gouvernement s'asseoit sur ses promesses. Le pacte écologique, déjà renvoyé aux oubliettes, est enterré. Le temps est venu de faire le bilan de nos tentatives : l'Alliance pour la Planète, qui réunissait une soixantaine d'ONG, est balayé. Nicolas Hulot est déboutté. Les Verts, qui n'obtiennent que 4 députés, sont laminés. L'échec du Modem fait disparaître Cap 21 de la scène politique. A part le bonus malus sur les voitures dont le coût est critiqué, aucune évolution notable n'est consentie. Rien n'à changé au bout d'un an, et rien ne s'annoncepour l'année en cours.

Alors, cette alliance est profitable à tous. Pour replacer l'écologie au coeur des politiques publiques, les écologistes ont compris qu'il fallait entretenir un rapport de force politique, comme les Verts le font depuis 24 ans. Les différentes tentatives trans-partisannes sont des échecs. Il faut un pôle fort, ouvert et déterminé.
Dès lors, rassembler les écologistes dans une listes électorale devient une évidence. Mais sur quelle base ?

Comme je l'ai dit, il y a trois impératifs, qui revennaient régulièrement sous les mots de respects et d'écoute lors de ces journées d'été des Verts. Il faut établir un compromis entre nous, faire entendre aux tenants du ni-ni que sans social, il ne sert à rien de lutter contre les pollutions. Que ce n'est pas en faisant un compromis perpétuel avec les lobbys industriels que l'écologie pourra avancer. Besset, Lepage et d'autres doivent l'entendre. Mais il faut aussi faire entendre, et Dany Cohn-Bendit s'en charge, que sans compromis, il n'y aura pas d'avancées. Il ne faut donc pas s'arque-bouter sur des positions dogmatiques qui n'intéressent personnes. Bref, en un mot : il faut positiver les discours. Bové doit faire un effort en ce sens.

Pour aujourd'hui, rien n'est encore fait, mais c'est clair : tous les écologistes en ont envie. Il faut prendre un risque pour certains, se mouiller, ravaler ses choix personnels pour les faire grandir dans l'ensemble, accepter de transcender nos repères. J'en reviens à une phrase que je disais l'autre jour : il ne faut pas tant s'intéresser à nos idées mais à ce qui les relient.

 
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