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Le japon menace les baleines
04-06-2007

On croyait ce combat déjà vieux et gagné. Mais, en écologie comme dans la vie, rien n'est jamais gagné. Voilà que le Japon souhaite reprendre la chasse commerciale des baleines, comme au XVIIIème siècle. Un simple retour en arrière ? Pas vraiment. Avec le réchauffement climatique et la multiplication des polluants, les cétacés sont déjà en cours d'extinction. La reprise d'une chasse commerciale ne ferait que précipiter la chute de ce très vieux mamifère qui, après être allé sur terre, est retourné à la mer - à peu près à l'égal du dauphin.

Ce vieux combat de quand j'étais petit vient de reprendre doucement, dans une Commission Baleinière Internationale dont la Mongolie (!) fait partie. Et c'est là qu'on se dit que si, nous allons bien assister à la fin de cet animal.... ça vous énerve pas un peu ? (dépèche AFP)

 

Menace de démission du Japon: la Commission baleinière internationale au bord de l'explosion

2007-06-01 22:23:52
ANCHORAGE (AFP)

© AFP
Le maire de Yokohama Hiroshi Nakada, à Anchorage, le 31 mai 2007, devant la Commission baleinière internationale
Le maire de Yokohama Hiroshi Nakada, à Anchorage, le 31 mai 2007, devant la Commission baleinière internationale

La Commission baleinière internationale (CBI), unique organisation mondiale de régulation de la chasse aux cétacés, risque de s'effondrer si le Japon met à exécution sa menace de démission.

Mis en échec jeudi à l'issue de la 59e réunion annuelle de la CBI, organisée du 28 au 31 mai à Anchorage, en Alaska (Etats-Unis), le Japon a évoqué un retrait pur et simple de cette organisation.

Le Japon envisage de quitter la CBI et de créer sa propre organisation et/ou de reprendre la chasse commerciale de la baleine.

Le Japon, qui pratique déjà la chasse dite "scientifique", souhaitait également obtenir le droit pour quatre de ses communautés côtières le droit à la chasse dite "de subsistance".

Devant les réticences d'une majorité des 77 pays membres de la CBI, il a finalement renoncé à mettre aux voix cette proposition.

Pour être adoptée, la proposition japonaise avait besoin de l'approbation des trois quarts des pays membres de la CBI.

Les peuples autochtones de l'Alaska (Inuits), de Sibérie orientale (Tchoukotka), des îles Saint-Vincent et Grenadines et du Groenland sont les seuls à bénéficier du droit à la chasse "de subsistance".

C'est une "hypocrisie", a estimé Joji Morishita, un des responsables de la délégation japonaise.

L'archipel est à la tête des pays qui font campagne pour une remise en cause du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine depuis qu'il est entré en vigueur en 1986. S'il quitte l'organisation, le Japon pourrait entraîner dans son sillage une trentaine de pays membres de la CBI.

Le Japon est le principal contributeur de la CBI avec les Etats-Unis.

"La CBI ne peut survivre que si le Japon en demeure membre. Si le Japon s'en va, la CBI est morte", estime Eugène Lapointe, ancien secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES).

La CBI est profondément divisée entre pays farouchement opposés à la chasse (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Australie, Brésil, Nouvelle-Zélande) et les pro-chasses dont le Japon, la Norvège et l'Islande.

Aucun de ces deux groupes ne peut prétendre à réunir une majorité des trois quarts comme l'exige le règlement de la CBI pour réformer les conditions de chasse à la baleine.

© AFP
Le Japon, numéro 1 de la chasse à la baleine
Le Japon, numéro 1 de la chasse à la baleine

Entre défenseurs des cétacés et partisans d'une reprise de la chasse commerciale, le dialogue devient de plus en plus difficile. Ainsi, au cours de la réunion d'Anchorage, les pays opposés à la chasse ont adopté une résolution symbolique (sans la majorité des trois quarts) pour exhorter les Japonais à "cesser de tuer les baleines sous couvert de la science". Les pays pro-chasse ont boycotté ce vote et M. Morishita a qualifié ce vote de "résolution de la haine".

Dans ce climat d'affrontement, il a été impossible de faire approuver la proposition brésilienne de création d'un nouveau sanctuaire dans l'Atlantique sud, qui aurait nécessité trois quarts des voix pour être adoptée.

Malgré le moratoire, plus de 30.000 baleines ont été tuées depuis 1986 sous couvert de "chasse scientifique". Le Japon tue un millier de baleines par an au nom de cette dérogation. Tokyo a d'ores et déjà annoncé son intention de chasser cet été 50 baleines à bosse dans le Pacifique sud.

Et le Japon n'est pas seul. La Norvège continue de chasser des baleines dans l'Atlantique nord et l'Islande qui avait quitté la CBI en 1992 avant de la rejoindre en 2002 a repris la chasse en 2006.

"Les organisations de protection des cétacés font face à la plus grande offensive depuis la mise en place du moratoire", estime Sue Fisher de la société de protection des baleines et dauphins (WDCS).

"Non seulement les pays pro-chasse souhaitent lever le moratoire mais ils veulent également lever les restrictions sur le commerce mondial de produits à base de baleines. Si cela arrivait, cela entraînerait un massacre incontrôlable" des cétacés, a-t-elle déploré.

© AFP.
 
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